2018 : l’année des mutations et des transformations ?


2018_1À l’aube de cette nouvelle année, il est de tradition d’émettre des vœux. Pour la santé de notre pays et la médecine libérale, je souhaite que l’année 2018 soit celle des mutations et des transformations rendues possibles.

Publié le 10/01/2018


Nous sortons d’un quinquennat Touraine qui a été marqué par une longue glaciation et qui a figé, voire crispé toutes les positions. Les responsabilités sont bien identifiées : l’absence de dialogue, le dogmatisme et la rigidité de la posture ministérielle de l’époque. À cela s’ajoute une profession médicale en grande difficulté et en crise. Autant de paramètres qui ont malheureusement freiné toutes les évolutions pourtant nécessaires, mais surtout détruit la confiance qu’il faudra mettre plusieurs années à retrouver.

Pourtant, l’année 2017 s’est terminée sous de meilleurs auspices : l’évolution politique majeure et inattendue dans le pays a ouvert la voie à un renouvellement du personnel politique, mais aussi et surtout à un retour du dialogue et de l’écoute avec les décideurs en santé.

Une ministre de la Santé médecin, courageuse dans ses prises de position en santé publique – en particulier sur la vaccination pour les enfants -, a su renouer avec l’écoute et le dialogue, tenir un langage certes volontariste, mais que les médecins comprennent. Voilà la recette pour pouvoir commencer à construire la médecine de demain.

Les enjeux sont majeurs car il faut répondre à une demande en soins qui augmente et se modifie dans sa nature, en particulier avec la mutation épidémiologique et le vieillissement de la population. L’intelligence artificielle envahit notre milieu marqué par les évolutions sociétales. Tout cela conduit à des restructurations, des réorganisations et des repositionnements de nos métiers, qui seront forcément très différents dans les années à venir. Or, on ne peut plus attendre car tout va si vite aujourd’hui !

C’est donc bien des vœux de dialogue et de confiance que je formule pour l’année 2018. Mais aussi pour les médecins des vœux de responsabilité professionnelle qu’ils doivent assumer et de conscience territoriale qu’ils doivent prendre en charge vis-à-vis de la population, sans quoi la dérive étatique va le faire à leur place.

Certes, la confiance demande du temps, mais aujourd’hui chacun doit apprendre à co-construire ces évolutions nécessaires, dans une sérénité que nous espérons retrouvée. C’est le défi que nous devons relever ensemble pour l’année à venir, sous peine de voir notre profession et notre mode d’exercice reculer si nous restions dans un immobilisme qui n’a plus sa place aujourd’hui, dans ce pays qui bouge tant depuis quelques mois.

Dr Jean-Paul Ortiz

 

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