voeuxOK_Page_1L’année 2016 qui s’ouvre devrait reconnaître la place incontournable de la médecine libérale. Ce n’est pas un vœu, dans cette période où il est de tradition d’en faire. C’est une nécessité absolue pour notre pays.

Au-delà des incantations sur le virage ambulatoire dont le pouvoir politique et la Ministre de la santé ont le secret, il est maintenant temps de donner à la médecine libérale les moyens dont elle a besoin. La France souffre d’un réflexe hospitalo-centré, maladie gangreneuse qui touche tant les décideurs de la santé que les organisateurs de l’offre de soins et les patients, conditionnés par l’ensemble des acteurs.

Pourtant, l’efficience n’est pas de ce bord-là, surtout à l’heure où se développent les pathologies chroniques intriquées au sein d’une population de plus en plus âgée et souvent dépendante. C’est bien grâce à la richesse extraordinaire de la médecine libérale – que ce soit la médecine générale ou la médecine spécialisée de proximité – que nous éviterons les recours à l’hôpital, recours qui entraînent l’envol des dépenses et un amoindrissement de la qualité de la prise en charge, loin de la coordination.

Maintenir à domicile des personnes âgées dépendantes est aujourd’hui le défi majeur que ce pays doit relever.

Il faut pour cela donner les moyens à la médecine libérale. Il ne s’agit pas uniquement de moyens financiers même s’ils sont bien sûr indispensables. Il s’agit aussi de la reconnaissance du rôle fondamental de la médecine libérale dans la prise en charge au quotidien et en proximité des populations âgées. Cette reconnaissance doit être organisationnelle, financière et se faire dans le respect de la place des différents acteurs. Faut-il rappeler que la médecine de ville est en sous-exécution de son objectif de dépenses (sous-objectif de l’ONDAM de ville) depuis plusieurs années ? Faut-il rappeler que la maîtrise des dépenses a beaucoup de mal à transpercer les murs de l’hôpital public ?

L’année 2016 doit être l’année où les actes doivent suivre les paroles. Avant l’échéance de 2017, le gouvernement sera-t-il en mesure de faire preuve de courage politique et de la clairvoyance nécessaire pour prendre ces décisions pourtant indispensables ? Les semaines et les mois à venir donneront rapidement la réponse.