Médecins femmes : pas de maternité si en secteur 2 !

Parmi les quelques mesures lancées par le Premier Ministre lors de la Conférence de Santé, l’une d’entre elles a particulièrement retenu l’attention. En effet, celle-ci a particulièrement choqué nos jeunes consœurs. Et à raison !

Il s’agit d’une mesure que les médecins libéraux appelaient de leurs vœux depuis de nombreuses années : le soutien financier aux femmes médecins en arrêt pour maternité. Contenue dans le Contrat de Praticien Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA), cette mesure avait été saluée par l’ensemble des syndicats médicaux. Les femmes médecins enceintes obtenaient ainsi le droit à une indemnité de près de 3 000 euros pendant leur congé maternité, celle-ci servant à payer les charges importantes dues au fonctionnement de leur cabinet médical. La CSMF avait immédiatement demandé l’extension de cette mesure à toutes les consœurs.

Or, cette avancée sociale sera uniquement réservée aux femmes médecins installées en secteur 1 ou ayant signé le Contrat d’Accès aux Soins (CAS). Voilà où mène le dogmatisme idéologique ! Faut-il rappeler à la Ministre de la Santé, anciennement aussi chargée du ministère des Droits des femmes, que le médecin en secteur 2 a également des charges à couvrir pendant son arrêt maternité ? Des charges souvent plus importantes qu’un médecin en secteur 1 ? Faut-il lui rappeler que les jeunes consœurs sont au début de leur vie professionnelle et qu’elles ont donc souvent des revenus, des compléments d’honoraires et des clientèles de petite taille ? Faut-il lui rappeler que ces mêmes consœurs sont à une étape de leur vie professionnelle où les charges sont particulièrement importantes en raison de leur installation ? Voilà une mesure discriminatoire qui n’honore pas ce gouvernement, à l’heure où il prétend défendre les Droits des femmes, à l’heure où il prône l’égalité.

Et nous n’en sommes pas au premier paradoxe lié à un aveuglement idéologique…

Jean-Paul Ortiz

Published by

drjportiz

Bienvenue sur le blog officiel du Dr Jean-Paul Ortiz, Président de la CSMF et médecin néphrologue.