2017, l’année libérale de la médecine ?

CocktailSante_11355.jpgL’année qui s’ouvre sera marquée par un débat politique majeur, celui des élections présidentielles et des élections législatives. Ce sera l’occasion de se prononcer sur des choix fondamentaux pour l’avenir de notre pays, tant d’un point de vue économique, sécuritaire et sociétal. Traditionnellement, la santé est la grande absente des débats politiques présidentiels. Certainement parce que la santé est un thème difficile, technique, où les clivages ne reprennent pas toujours les clivages traditionnels Gauche-Droite. Bien sûr, on retrouve la notion de service public et de service au public, d’activités libérales et privées. Mais surtout, il y a un clivage transversal entre les partisans d’un Etat fort et d’une santé entrant dans le champ régalien de l’Etat, et ceux qui sont au contraire favorables à une responsabilisation individuelle de chacun et à une relative liberté d’entreprendre pour répondre aux demandes et besoins de la population. Allons-nous vers un système plutôt basé sur la culture du contrat négocié ou au contraire de l’étatisation progressive ? Voilà un point fondamental qu’il faudra aborder.

Mais ce débat aura-t-il lieu ? Il semble que la santé, grâce aux efforts de tous et plus particulièrement de la CSMF, soit enfin entrée dans le débat politique général. En abordant le problème du financement, François Fillon a eu au moins le mérite de mettre sur la table un thème majeur. Bien sûr, la réponse qu’il a donnée autour du petit risque et du gros risque, et la place attribuée à l’Assurance maladie et aux assurances complémentaires, mutuelles et autres, ne peut que susciter des inquiétudes, voire engendrer une condamnation caricaturale. Il faudra pourtant courageusement aborder ces problèmes de financement, car on ne peut éternellement transmettre à nos enfants une dette qui atteindra bientôt les 200 milliards d’euros. Il faudra un jour prendre conscience qu’un conflit intergénérationnel risque d’éclater entre ceux qui auront (trop) bénéficié d’un système solidaire et ceux qui devront en payer la facture, sans en jouir totalement.

Pourtant, tous les experts reconnaissent la possibilité d’optimiser les moyens alloués à la santé, à condition de revoir l’organisation globale du système de santé. Cela passe bien sûr par un système basé sur la médecine de ville, la médecine de proximité, le médecin généraliste traitant et les médecins des autres spécialités. Cela passe aussi par une hospitalisation dynamisée reposant sur une hospitalisation publique et une hospitalisation privée toutes deux respectées sans à priori dogmatique.

A l’aube de cette année charnière, fondamentale pour l’avenir du pays, formulons le vœu que la santé soit au cœur des débats politiques comme elle est au cœur des préoccupations des Français. Formulons le vœu que notre système solidaire puisse perdurer dans sa richesse – avec les acteurs publics et libéraux – et rester accessible à tous dans des conditions équivalentes. Formulons le vœu que les responsables politiques sauront enfin mettre la médecine libérale au cœur de l’organisation de demain, non seulement dans les mots, mais aussi dans les actes.

A l’aube d’une nouvelle année, soyons rêveurs et optimistes : 2017 sera l’année de la médecine libérale !

Dr Jean-Paul Ortiz

 

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drjportiz

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