Hommage au Dr Claude Maffioli

Claude MaffioliClaude nous a quittés le 30 octobre dernier après avoir lutté courageusement pendant de nombreuses années contre une grave maladie neurologique.

En ces moments si difficiles, nos premières pensées et tout notre soutien vont à son épouse Béatrice qui l’a entouré et soutenu jusqu’à ses derniers instants avec un courage et une abnégation extraordinaires. Elle est l’expression de l’adage classique qui dit que derrière un homme remarquable, se cache une femme remarquable.

Claude était d’abord un médecin brillant qui, après son internat à Reims, s’installa comme gastro-entérologue en 1978, activité qu’il poursuivit jusqu’en 2001. D’emblée, il chercha à améliorer les pratiques professionnelles médicales, pour la meilleure prise en charge de ses patients, dans la quête permanente de la qualité des soins, ce qui à l’époque était résolument moderne. C’est pourquoi il s’engagea très vite dans la représentation collective de la profession, d’abord au Syndicat national des médecins spécialistes de l’appareil digestif. Puis il devint le président de l’Union nationale des médecins spécialistes confédérés, qu’il avait rebaptisée, jusqu’en 1992.

C’est alors qu’il devint le président de la Confédération des syndicats médicaux français, au terme d’une élection mouvementée où, avec un petit groupe d’amis, il porta sa vision résolument moderne sur l’avenir du métier, centrée sur le choix déterminé et assumé de la démarche qualité et le concept de la maîtrise médicalisée. C’est ce combat contre la vision comptable et bureaucratique de la santé qui fit de Claude la figure emblématique du syndicalisme médical largement reconnue au-delà du monde de la santé. Alors que la maîtrise comptable portée par Alain Juppé recevait une standing ovation à l’Assemblée nationale lors de la présentation des ordonnances en 1996, seul contre tous les décideurs de la santé, Claude la dénonça d’emblée. Il mena une guerre sans concession avec les divers gouvernements qui se succédèrent, ainsi qu’avec la CNAMTS de l’époque. C’est grâce à cette longue guérilla qu’en 2002 des valorisations tarifaires conséquentes furent enfin arrachées, après des années de dur combat.

Pendant toutes ces années, loin de se contenter de combattre, Claude mena une réflexion et élabora les propositions qui devaient marquer les années à venir. C’est en particulier à l’occasion des Universités d’été de la CSMF, qu’il créa à Ramatuelle, que tous ceux qui comptaient dans le monde de la santé se réunissaient pour analyser, projeter, proposer une vision de l’organisation de la santé pour demain.

Mais Claude savait aussi s’ouvrir aux autres professionnels de santé, et au-delà, à l’ensemble des acteurs du monde libéral. Il présida le Centre national des professions libérales de santé de 1995 à 2000 puis l’Union nationale des professions libérales de 2004 à 2007. Il rejoignit alors le Conseil économique social et environnemental. En 2004, ses remarquables qualités d’analyse furent reconnues et il fut nommé à la Haute Autorité de santé, premier médecin libéral à entrer dans cette agence de référence scientifique chargée de la qualité des soins et de l’évaluation.

Tout au long de cette vie d’engagement, Claude a toujours porté ses idées avec constance, grâce à une fermeté de caractère alliée à une grande empathie. C’était surtout un leader remarquable capable d’entraîner avec lui le plus sceptique et lui faire partager sa foi et sa vision. Il fut un grand combattant syndical mais surtout un grand visionnaire qui savait rassembler. Par son charisme, Claude a été notre guide. Il part aujourd’hui mais son enseignement, son exemple, resteront parmi nous. Il a été pour nombre d’entre nous notre modèle, notre père en syndicalisme, notre Président. Je perds mon père spirituel, mais la CSMF continuera à porter sa mémoire.

Discours prononcé par le Dr Jean-Paul Ortiz lors des obsèques le 8 novembre 2017

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drjportiz

Bienvenue sur le blog officiel du Dr Jean-Paul Ortiz, Président de la CSMF et médecin néphrologue.