Le retour de la gabelle

SelCertains députés de La République en marche (LREM) souhaitent mettre en place un impôt sur les aliments les plus salés. Voilà qui va nous ramener à l’ancien régime, à l’impôt indirect sur le sel : la gabelle ! Le sel a permis la conservation des aliments et était, à l’époque, un bien précieux. Largement utilisé par nos ancêtres, l’utilisation du sel fut remise en cause avec l’arrivée de la conservation par le froid et, tout particulièrement, le développement des frigos dans tous les foyers français. La richesse autour du sel s’est tarie, les marais salants de nos côtes atlantiques furent abandonnés et cessèrent d’être exploités à partir des années 60…


Mais l’histoire opère quelquefois des retournements bien curieux : l’industrie alimentaire a vite compris que l’utilisation du sel donnait un goût agréable aux aliments préparés, masquant les insuffisances de la qualité de leurs plats préparés. Les bons cuisiniers le savent: saler beaucoup un met est un moyen de masquer une qualité moindre.

Malheureusement, le sel a des effets très délétères sur la santé. Générateur d’hypertension artérielle, de maladies cardio-vasculaires, les effets du sel sur la population ont été largement démontrés. C’est ainsi qu’un canton belge démontra ses effets délétères sur la population, tout simplement en diminuant progressivement la teneur en sel du pain consommé, bien sûr sans le dire aux populations concernées qui ne s’en plaignirent même pas !

Arriver à diminuer la teneur en sel de notre alimentation est un véritable enjeu de santé publique, et on ne peut que saluer cette initiative. Mais est-ce la bonne solution que de taxer le consommateur ? Ne vaudrait-il pas mieux établir des normes de teneur maximum, voire de taxer les entreprises du secteur agroalimentaire qui ne respecteraient pas ces normes ? Ne faudrait-il pas avoir une réflexion avec l’ensemble du secteur agroalimentaire pour arriver à une diminution de la teneur en sel des aliments préparés, y compris dans le pain, gros pourvoyeur de sel dans notre alimentation ?

Taxer les aliments salés part d’une très bonne idée, mais risque d’être mal vécue par le Français déjà accablé par les impôts et les taxes. Réfléchissons ensemble à d’autres solutions pour éviter le retour de la gabelle !

Dr Jean-Paul Ortiz

 

Publié par

drjportiz

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