Inventer l’exercice de demain


blogJPO_inventerlexercicededemainPatients plus informés, aspirations différentes des jeunes médecins par rapport à leurs aînés, développement d’une médecine de pointe et de plus en plus personnalisée, vieillissement de la population, etc. : en près de 50 ans, les conditions de l’exercice médical a connu de profondes mutations. Il nous appartient – à nous médecins – d’inventer l’exercice de demain, au risque que d’autres acteurs le fassent à notre place.

Publié le 28 décembre 2015

La société change et avec elle, la relation médecin-patient. A l’ère de l’automédication et de l’information sur Internet, le modèle du médecin, unique détenteur du savoir, semble dépassé. Plus informés, mais pas forcément mieux, les patients n’hésitent pas à surfer sur Internet avant même d’aller consulter et s’essaient à l’autodiagnostic. Avec le vieillissement de la population, le profil même des malades change ; les problèmes de dépendance et de polypathologies augmentent inévitablement. Au vu de la conjecture économique, la demande et l’offre de soins sont également en quête d’un nouvel équilibre, ce qui contribue à changer la donne.

Mais c’est aussi une nouvelle génération de médecins qui émerge et avec elle, une autre conception de la pratique. Le médecin d’hier – qui vivait sa profession comme un sacerdoce et se rendait disponible 24h sur 24 pour sa patientèle – n’est plus celui d’aujourd’hui. L’allègement du temps de travail, l’avènement de la société des loisirs, les crises économiques, la volonté légitime d’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, la féminisation du métier ont engendré de nouvelles attentes et de nouveaux besoins.

Parallèlement, la médecine de pointe, personnalisée à l’extrême, gagne du terrain avec le développement des NBIC*, de la robotique, de l’impression 3D, du big data, de la télémédecine et des outils de l’e-sante. Ces innovations auront un impact considérable sur l’exercice de notre métier.

Dans ce contexte singulier, la médecine est à un tournant. Il est nécessaire de revoir nos parcours professionnels, la mobilité, l’adaptation, la formation et d’œuvrer à la diversification de notre métier. Nous devons améliorer la coordination entre praticiens, travailler toujours plus en équipe et nous approprier l’innovation pour conserver notre place dans le système de santé. Si nous ne nous y attelons pas, d’autres ne manqueront pas de le faire à notre place.

* Nano-technologies, Biologie, Informatique et Cognitique

Jean-Paul Ortiz