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Jean-Paul Ortiz : « Nous appelons les médecins à la désobéissance civile »

Par Guillaume Guichard
Mis à jour le 12/08/2015 à 19h25 | Publié le 12/08/2015 à 17h48

INTERVIEW. – Pour le président de la Confédération des syndicats médicaux français, la généralisation du tiers payant risque de faire perdre leur liberté professionnelle aux praticiens, qui affirme-t-il, « n’appliqueront pas la loi ».

LE FIGARO. – Pourquoi les médecins s’opposent-ils autant à la généralisation du tiers payant ?

Jean-Paul ORTIZ. – Nous craignons que cette mesure signe le début de la fin de la médecine libérale. En étant payés par l’Assurance-maladie et les complémentaires santé, et non plus par les patients, nous allons passer sous leur coupe financière. Nous pourrions ainsi perdre notre liberté professionnelle. Imaginez que l’Assurance-maladie conditionne son paiement au respect de telle ou telle démarche, ou à telle ou telle prescription! De plus, le tiers payantnous fera perdre beaucoup de temps en paperasserie administrative, que nous ne pourrons plus passer au chevet des patients.

Pensez-vous pouvoir l’empêcher ?

La mobilisation des médecins montre à tous, politiques de gauche comme de droite, que nous ne voulons pas de ce texte. Si la loi est votée, nous lutterons ensuite contre les décrets d’application. Si cela ne suffit pas, nous réclamerons une loi rectificative. Et de toute façon, les médecins n’appliqueront pas la loi.

Comment cela ?

La généralisation du tiers payant doit se mettre en place progressivement. À partir de juillet 2016, le dispositif deviendra un droit pour les patients en affection longue durée (ALD) et les femmes enceintes, avant qu’il ne soit généralisé en 2017. Nous appelons donc les médecins à la désobéissance civile, à ne pas appliquer cette mesure. Et ce, dès 2016. Un senior aisé a-t-il vraiment besoin de bénéficier du tiers payant ?

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